La sirène, le marchand et la courtisane, d'Imogen Hermes Gowar


1785, Londres.

« Les navires qu’il envoie voguer à travers le monde […] parcourent le globe en tous sens, mais Jonah Hancock, le plus tranquille des hommes, s’endort chaque soir dans la chambre où il a poussé son premier cri. »

Pourtant, l’aimable et paisible M. Hancock, 45 ans, dernier fils d’une lignée de marchands, voit soudain sa vie bouleversée. Un soir, le capitaine de La Calliope, dont il n’a plus de nouvelles depuis dix-huit mois, lui apprend qu’il a vendu le navire pour acquérir en mer de Chine, en son nom, un véritable trésor : une sirène momifiée de la taille d’un nourrisson… Difficile de partager l’enthousiasme du capitaine, qui affirme que la créature fera la fortune de son propriétaire.

Bientôt, cependant, le scepticisme de M. Hancock s’efface devant le succès que rencontre sa sirène exhibée. Succès fait de fascination et de peur. Commence alors pour lui un voyage d’une toute autre nature que ses bateaux, voyage qui l’élève peu à peu dans les diverses strates de la société londonienne, où il rencontre Angelica Neals, une prostituée qui vient de perdre son riche protecteur. Il côtoiera également bien d’autres personnages hauts en couleur.

Les aventures qui se tissent, la relation particulière d'Angelica et Jonah, et les « phénomènes » qui semblent se déclencher sous l’effet magique – maléfique ? – de la sirène, sont autant d’occasions pour le lecteur de se promener dans un Londres du XVIIIe siècle magnifiquement reconstitué et animé par la verve d’Imogen Hermes Gowar, dont c’est le premier roman. Le Londres de l’époque, le monde de la prostitution et des maisons closes... Le luxe que l’on convoite, la peinture d’une société où chacun aspire à échapper à son milieu et s’élever, quitte à entrer dans un jeu de dupes et de mensonges.... L’exhibition de la sirène opère comme un catalyseur qui révèle ambitions, prétentions, avidité, soif de paraître.

Si, parfois, quelques longueurs ralentissent la narration, les jolies surprises et l’humour l’emportent de loin, ainsi que le talent de conteuse indéniable de l’autrice.


#ImogenHermesGowar #NetGalleyFrance

94 vues0 commentaire